Site internet d’un professionnel de santé : ce que vous avez le droit de faire (et de ne pas faire)

Pendant plus de soixante-dix ans, la communication des professionnels de santé en France a été régie par un principe simple : « la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. » Toute forme de publicité était proscrite. Depuis fin 2020, la donne a changé : les praticiens peuvent désormais communiquer en ligne, y compris via un site internet. Mais cette liberté reste strictement encadrée — et la frontière entre information autorisée et promotion interdite demeure subtile.
Voici ce qu'un professionnel de santé peut, et ne peut pas, faire sur son site en 2026.
Avertissement. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. La réglementation évolue et s'apprécie au cas par cas ; faites valider votre projet par votre Ordre professionnel ou un conseil spécialisé.
Le tournant date du décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020, qui a modifié le code de déontologie et supprimé l'interdiction générale de publicité héritée de 1947. Cette évolution a été imposée notamment pour mettre le droit français en conformité avec le droit européen.
Concrètement, le praticien est désormais libre de communiquer au public, par tout moyen — y compris un site internet — des informations de nature à contribuer au libre choix du praticien par le patient : ses compétences, ses pratiques professionnelles, son parcours et les conditions de son exercice. L'assouplissement concerne plusieurs professions, parmi lesquelles les médecins, chirurgiens-dentistes, pédicures-podologues, infirmiers, sages-femmes et masseurs-kinésithérapeutes.
Autrement dit : oui, un professionnel de santé peut avoir un vrai site informatif et présenter son activité. Mais « informer » n'est pas « faire du commerce », et c'est là que les règles entrent en jeu.

Vous pouvez présenter votre identité professionnelle complète : qualifications, diplômes, spécialités, parcours, et vous identifier clairement en tant que praticien. Vous pouvez décrire vos pratiques et l'organisation de votre exercice : horaires, modalités de prise de rendez-vous, accessibilité du cabinet, langues parlées, moyens de paiement, tarifs et conventionnement.
Vous pouvez également diffuser, à des fins éducatives ou de santé publique, des informations scientifiquement étayées sur votre discipline — à condition de le faire avec prudence et mesure, en datant et sourçant vos contenus, et sans présenter comme acquises des hypothèses non confirmées. Cette dimension pédagogique est, par ailleurs, excellente pour le référencement : un contenu rigoureux qui répond aux questions des patients est précisément ce que recherchent les moteurs.
Le cadre fixe des limites nettes. La communication doit rester loyale et honnête. Sont notamment proscrits les témoignages de patients ou de tiers, les comparaisons avec d'autres praticiens ou établissements, et toute incitation à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins.
Plus largement, tout ce qui relèverait de la promotion commerciale — discours laudatif, mise en avant tapageuse, langage publicitaire vantant une supériorité — reste contraire à la déontologie. L'esprit du texte demeure : informer le patient pour éclairer son choix, sans transformer le soin en argument marketing.
Depuis 2020, plusieurs précisions sont venues renforcer le cadre, notamment autour de l'univers numérique.
La rigueur de l'information est exigée, avec une « précaution nécessaire » accrue dans la communication au public, en particulier sur les plateformes. La transparence sur les conflits d'intérêts s'impose : tout financement ou partenariat susceptible d'influencer un discours médical public doit être déclaré. Enfin, le secret professionnel et la confidentialité des données patients sont étendus aux communications numériques — un enjeu majeur avec l'essor de la téléconsultation et des échanges en ligne, qui suppose des sites techniquement sécurisés et conformes au RGPD.
Le Conseil national de l'Ordre des médecins a par ailleurs publié, début 2025, une charte établissant des principes pour une communication responsable en ligne (s'identifier clairement, délivrer une information sourcée et datée, faire preuve de prudence et de modération, éviter l'autopromotion). Ces recommandations servent de boussole, notamment pour les praticiens présents sur les réseaux sociaux.
La conformité n'est pas l'ennemie de l'efficacité — bien au contraire. Un site qui respecte la déontologie est aussi un site sobre, clair et utile, exactement ce qu'attendent les patients comme les moteurs de recherche.
En pratique, un bon site de professionnel de santé combine plusieurs ingrédients : une présentation claire et factuelle du praticien et du cabinet, des informations pratiques sans friction (rendez-vous en ligne, accès, horaires), des contenus pédagogiques fiables sur la discipline, un hébergement et une gestion des données conformes au RGPD (idéalement un hébergement de données de santé adapté lorsque c'est requis), et une vraie performance technique (rapidité, mobile, accessibilité). À cela s'ajoute un référencement local soigné, car un patient cherche avant tout un praticien près de chez lui.
C'est cet équilibre entre rigueur réglementaire et expérience utilisateur qui fait la différence — et c'est précisément ce que nous concevons chez Reqst pour les acteurs de la santé.
Depuis 2020, un professionnel de santé peut communiquer en ligne et disposer d'un véritable site : présenter son parcours, ses compétences, les conditions de son exercice et des contenus pédagogiques fiables. Mais cette communication doit rester loyale, sans témoignages, sans comparaisons, sans incitation ni langage commercial, et respecter des obligations renforcées de transparence et de confidentialité. Bien menée, elle sert à la fois le patient, la déontologie et la visibilité du praticien.
Vous êtes praticien ou structure de soins et voulez un site à la fois conforme et performant ? Présentez-nous votre projet ou réservez un call — nous concevons des sites santé alliant rigueur réglementaire et expérience patient.
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aux
questions
Oui. Depuis le décret du 22 décembre 2020, les professionnels de santé peuvent communiquer au public par tout moyen, y compris un site internet, sur leurs compétences, leur parcours et les conditions de leur exercice — à condition de respecter les obligations déontologiques.
La publicité au sens commercial reste encadrée et largement proscrite. Ce qui est autorisé est une « communication professionnelle » loyale et honnête : informer pour éclairer le choix du patient, sans témoignages, sans comparaisons avec d'autres praticiens et sans inciter à des soins inutiles.
Les témoignages de patients, les comparaisons avec d'autres professionnels ou établissements, l'incitation à un recours inutile aux soins, ainsi que tout discours promotionnel ou laudatif de nature commerciale.
Le secret professionnel et la confidentialité s'étendent aux communications numériques. Le site doit être conforme au RGPD et, lorsque des données de santé sont concernées, s'appuyer sur un hébergement adapté et sécurisé.